Carnet de voyage

California love

janvier 9, 2019

Je vous raconte ici un voyage qui remonte à 4 ans, à l’époque où je parcourais les régions viticoles de France et d’ailleurs sans savoir que j’allais en faire une profession. Mes souvenirs de ces deux jours dans la Napa Valley sont encore bien présents et valent le coup d’être partagés, en attendant mon prochain séjour là-bas.

  • Pays : Etats-Unis
  • Région : Napa Valley – Californie
  • Mission : découvrir the American way of wine
  • Durée : 2 jours
  • Nombre de domaines visités : 5
  • Nombre de vins dégustés : j’ai perdu le fil de la comptabilité
  • Type de boisson produite : blanc, rosé, rouge et bulle

L’anecdote sympa : Du vin liturgique au vin de table

Les Américains ont vécu une drôle de période dans laquelle je n’aurais pas aimé être. Pendant un peu plus de dix ans dans les années 20, les boissons alcoolisées ont été interdites, c’était la fameuse prohibition. Toutes les vignes du pays étaient inactives et ne pouvaient plus servir à la production de vin, sauf quelques-unes, principalement dans la région de Napa Valley, qui servaient à la production du vin de messe. Frère Timothy Diener a en outre participé à créer à Napa un vignoble nouveau et moderne, qui définit parfaitement le vignoble d’aujourd’hui. Après l’abrogation de la loi, les frères des Écoles chrétiennes continuèrent la production de vin en ajoutant la production de Brandy (spiritueux à base de raisins). Parce qu’un Américain ne serait pas américain s’il ne savait pas marqueter son produit, Frère Timothy a su faire de sa marque la plus importante de la région. A coups de sourires « white » sur des publicités il deviendra un des visages les plus familiers des amateurs de vin de Napa Valley.

Est-ce qu’on peut trouver des vins de Napa Valley abordables ?

Je ne vais pas vous mentir, globalement les vins californiens ne sont pas donnés. Je n’ai pas eu le temps d’écumer un grand ensemble de petits producteurs, mais la majorité des domaines sont plutôt des mastodontes.

Contrairement à la France, en Californie les domaines et les infrastructures ont dû être crées de toute pièce. En France, il a bien fallu planter les vignes et donc déblayer des terrains au départ, mais beaucoup de domaines ont bénéficié de caves, par exemple, pour stocker leurs vins. En Californie, les caves de stockage et d’élevage du vin sont 100% artificielles et la température est gérée artificiellement. Je vous laisse imaginer le coût annuel de la climatisation. Aussi, les domaines américains ont un penchant pour les fûts de bois en chêne français et neufs plutôt que les leurs, alors pour les faire venir c’est un certain budget aussi (dans mon souvenir 1 million de dollars par an pour les vins du domaine Opus one).

De plus, les machines fonctionnent à l’américaine, c’est-à-dire qu’il ne faut pas seulement avoir un beau terrain et un bon vin. Non, il faut aussi une armée de commerciaux pour présenter le domaine et vendre les vins, une salle de dégustation prestigieuse pour accueillir les groupes… Et j’en passe. Mais, en gros, ces éléments ont une répercussion sur le prix de la bouteille. A cela on rajoute les taxes liées à l’import, et voilà pourquoi il est difficile de trouver des vins américains à moins de 15 ou 20 €.

Ce qu’il faut retenir :

  • On ne rencontre quasiment jamais le vigneron en visitant les domaines, mais seulement les équipes commerciales
  • Il existe 16 AOP dans Napa Valley (appelée les AVA = American Viticultural Areas)
  • Le Cabernet Sauvignon représente environ 40 % de l’ensemble de la production de Napa
  • Il y a un peu plus de 400 domaines viticole dans la région de Napa
  • La législation américaine autorise l’étiquetage d’un vin selon 1 cépage si au moins 75 % des raisins utilisés sont du cépage en question
  • Un vin peut être étiqueté Napa Valley si au moins 85 % des raisins viennent de cette région. Du coup un vigneron peut utiliser 15% de raisin d’ailleurs, souvent moins cher à produire, pour assembler leur vin.

Mes 3 coups de cœur :

Le domaine appartenait à l’oncle d’un de mes amis, ce qui nous a valu un accueil très chaleureux, nous avions pu, après la dégustation des grands vins de la maison, déjeuner sous le chêne centenaire à l’avant du domaine.

Ce wineyard a été racheté il y a 2 ans par Jean-Charles Boisset, du domaine Bourguignon Boisset, lui-même grand en qualité. Je n’ai pas eu l’occasion de gouter les vins depuis la cession, mais je ne peux que faire confiance à cette succession.

Bon alors, ce n’est pas dans mes habitudes de vous emmener dans des grandes maisons, que je préfère d’habitude contourner pour vous faire découvrir de plus petites perles, mais j’ai trouvé intéressant de découvrir comment les grands domaines parlaient du vin. On est sur du grand show à l’américaine, mais ça vaut le coup d’en faire un pour voir.

Un très beau restaurant dans le centre de Napa, relax et sophistiqué à la fois. On y boit de très bons vins dans des grands verres, on se croirait dans « Desperate housewives ». Les produits viennent des fermes alentours, donc le menu peut changer en fonction des arrivées.  Je conseille les viandes.

A très vite pour une prochaine mission de taille !

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